À La Rochelle comme à Dijon, Lille ou aux Sables-d'Olonne, les municipales ont une couleur particulière : dans ces villes, le maire élu lors du précédent scrutin a cédé sa place en amont des nouvelles élections. En juin dernier, Jean-François Fountaine, l'ex-socialiste de 74 ans, figure rochelaise incontournable, a donc passé le relais à son ex-adjoint aux finances, Thibaut Guiraud. Six mois après avoir pris officiellement ses fonctions, ce dernier veut, sans surprise, rempiler. Il se présente comme un candidat sans étiquette mais de centre gauche.
Téléphone collé à l'oreille, Thibaut Guiraud, candidat maire de La Rochelle, appelle son prédécesseur. Jean-François Fountaine nous rejoint, mais reste d'abord à l'écart. La relève est aux manettes. "Je ne suis pas dans son bureau tous les jours à lui dire ce qu'il faut faire", assure l'ancien maire.
Un bilan revendiqué, mais dont "il est comptable", selon son adversaire socialiste
Thibaut Guiraud, lui, observe le Vieux-Port piétonnisé et défend le bilan de son mentor : "Sur ses deux mandats, la ville s'est largement transformée. Regardez autour de nous ! On entend les mouettes, c'est sûr, c'est apaisé, c'est respectueux." Il vante aussi les investissements dans des équipements sportifs et la rénovation d'écoles.
Mais en face, la socialiste Maryline Simoné (qui mène une liste d'union avec les écologistes et les communistes) pointe les 12 000 logements sociaux en attente, le manque de régulation des meublés de tourisme. "On est comptable un peu du bilan de son prédécesseur, surtout qu'il affirme vouloir garder le même cap", lance-t-elle. Thibaut Guiraud assume : "Oui, mais avec ma singularité, et de nouvelles idées."
Et il considère qu'être maire depuis six mois, c'est une vraie force, "parce que ça m'a apporté la légitimité et puis avoir ce contact avec les habitants".
Mais tous n'ont pas encore intégrés qu'il y avait eu un changement à la tête de la mairie : "Beaucoup d'habitants voient Jean-François en le disant 'bonjour monsieur le maire', et puis après ils corrigent." Et c’est bien l’objet de la démission anticipée de Jean-François Fountaine : faire connaître son dauphin. "La politique, c'est à la fois porter des idées, un projet pour un territoire, mais un petit peu de notoriété aussi."
Le député Olivier Falorni en embuscade
Parce qu'en face, il y a un autre candidat qui lui est déjà bien connu des Rochelais : le député Olivier Falorni. Lui aussi part sans étiquette et lui aussi se revendique du centre-gauche. Il a lancé sa campagne devant une salle comble de 400 soutiens, "pour faire rayonner la Rochelle comme jamais".
Le candidat malheureux aux dernières municipales déroule les grandes lignes de son programme, et critique immédiatement Jean-François Fountaine, qui a selon lui "la prétention de choisir celui qui serait le futur maire". "Non, ça n'est pas un maire démissionnaire qui choisit pour les Rochelaises et les Rochelais."
Jean-François Fountaine a certes démissionné, mais son animosité réciproque avec Olivier Falorni reste bien palpable dans cette campagne.